Je me souviens encore de ma première rencontre avec Thonet, ou plutôt une de ses chaises.
Adepte de broc et de vieilleries en tous genres depuis « il fut un temps » « jadis » (je ne préfère pas compter les années…), j’adorais ramasser les meubles et objets laissés par les villageois sur les trottoirs lors du ramassage des encombrants. Il y avait toujours une petite merveille à sauver, à rafistoler, ou à détourner de son rôle premier.
Et un jour, je tombe sur une chaise qui ne ressemblait pas aux autres. Son dossier n’était qu’un seul morceau de bois que l’on avait réussi à courber. Elle était d’apparence très épurée, mais en même temps elle me fascinait.
Je ne savais pas encore qui était Thonet et je ne connaissais pas du tout sa technique révolutionnaire du « cintrage du bois ». Et oui vous l’avez deviné, ou pas, c’était sa fameuse chaise N°14. La chaise de bistrot par excellence.
J’aurais aimé vous raconter une jolie fin pour cette chaise, mais je n’ai jamais su comment la réparer. Malheureusement, elle avait mal vieilli et le bois s’était désolidarisé à plusieurs endroits. Du coup après quelques années dans la cave de mes parents, elle a fini à la benne … (oui moi aussi je m’en veux aujourd’hui !)

Pour la minute culture, voilà qui est Thonet :
Michael Thonet (1796-1871) est un ébéniste allemand. Dans les années 1830 il invente un procédé révolutionnaire : le cintrage du bois massif à la vapeur. Technique beaucoup moins couteuse et plus robuste que de sculpter une courbe dans un bloc de bois.
Son plus grand succès a justement été la chaise N°14 créée en 1859. Elle n’était composée que de 6 pièces de bois de hêtre courbé, 10 vis et 2 écrous.
Pour l’anecdote, bien avant IKEA, Thonet expédiait ses chaises N°14 démontées dans des caisses (36 chaises tenant dans 1 mètre cube) à travers le monde entier.
Vous pouvez retrouver cette chaise sous sa nouvelle nomenclature : la 214. Nouveau nom, mais toujours le design original de la N°14 de 1859 et toujours fabriquée selon le même principe.

L’autre icône de Thonet et chouchou des architectes, est la 210R, anciennement B9 et légère variante du modèle d’origine, la N°209 (qui possède un dossier évidé).
On la surnomme aussi « Chaise Le Corbusier », car l’architecte l’a tellement utilisé dans ses aménagements intérieurs et l’a tellement admiré, qu’elle a fini par adopter son nom dans le langage courant du design.
En effet, Le Corbusier (célèbre architecte franco-suisse) était fasciné par les meubles Thonet en bois courbé. Il considérait qu’ils incarnaient parfaitement la modernité : des objets fonctionnels, produits en série, épurés, mais d’une grande noblesse de ligne.
Lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs à Paris en 1925, il a même déclaré à propos de cette chaise : « Nous croyons que cette chaise, dont des millions d’exemplaires ont été fabriqués, possède de la noblesse ».
Bien que conçue vers 1900, le modèle 210R est un chef-d’œuvre du design moderne. Ce modèle à plusieurs spécificités :
– Le design en « boucle » (le dossier et les accoudoirs) : la caractéristique la plus impressionnante de la chaise 210 (et de la 209) est son dossier fait également office d’accoudoir. Cette pièce en forme de U est fabriquée à partir d’une unique pièce de bois de hêtre massif, courbé à la vapeur.
– Dans la nomenclature Thonet, le « R » de 210R, signifie Rohrgeflecht, mot allemand qui se traduit par cannage. La chaise 210R possède donc une assise et un dossier en cannage traditionnel, ce qui lui confère légèreté visuelle et confort.
Où trouver ces chaises iconiques ? Suivez les liens :
- La chaise 214 : à partir de 813 € selon le coloris (4 coloris disponibles) chez Design Bestseller
- La chaise 210R : 1886 € (existe en 4 coloris) chez Design Bestseller
- La chaise 209 : 1374 € (existe en 3 coloris) chez Design Bestseller
